lundi 21 mai 2018

"Carnets de voyage au pays de la vie" au musée de Fourvière



Œuvre de l'exposition Street Art à Fourvière en 2017-2018.


Cette peinture de Street Art d’environ 3m de hauteur su 1.5m de largeur nous emmène dans l'art contemporain. Elle est d'une richesse inouïe que nous allons essayer de traduire.

Elle est construite comme une mosaïque ancienne, sauf que elle prend la liberté de l'assemblage. Rien de trop figuratif nous saute aux yeux. L'artiste est plus fin que ça. Il respecte l'intelligence de l'observateur. Il veut que l'observateur de la toile s'arrête et de laisse aller à imaginer un parcours, une vie derrière l’œuvre. L'art contemporain est réussi quand il nous amène à réfléchir, à entrer dans une histoire, une pensée, un rêve...

D'abord, les écritures. La finesse du graphisme qui nous rappelle diverses calligraphies anciennes occidentales ou orientales ou chinoises ou japonaises. Le tag associe une signature. Le tracé à la craie évoque l'acte d'assembler pierres, briques ou moellons et donc de bâtir. Combien l'acte de construire est différent dans toutes les civilisations, nous le savons bien.

Et encore les chemins tantôt très larges tantôt étroits du labyrinthe de nos vies en noir et blanc.


Les couleurs complémentaires chaleureuses, juste la touche qu'il faut pour que notre cerveau soit satisfait de l’harmonie ainsi créée. Bleu turquoise et orange. Noir et blanc.

Et puis, des ruelles, des détours par un quartier chaud du Maghreb ou une maison de Grèce,  un mur tagué noir, une photographie en nuances de gris sombre, un jardin stylisé...

Dans cette œuvre, la rencontre est juste suggérée, furtive au détour d'un coin de rue, légère, évanescente. Un profil de visage, un regard, une silhouette à peine ébauchée, Les relations humaines font vivre les habitations. l'histoire humaine se dessine sous nos yeux.

J'ai intitulé cette oeuvre : "Carnets de voyage au pays de la vie". Oui, il nous faut voyager, nous humains, même immobiles. J'entends par là que l'on peut voyager par la lecture, par la pensée, dans notre chez soi, dans notre rue, dans notre jardin, dans notre village. Rendons grâces aux scientifiques qui nous permettent les voyages immobiles les plus incroyables. Grand merci aux artistes qui nous donnent à voir, à sortir de nous-mêmes et à oser l'aventure de l'intelligence et de la parole.



dimanche 4 mars 2018

La mort et l'éternité par Martin STEFFENS



Réflexions sur notre propre mort et l’Eternité. M. STEFFENS 26.01.2018
L’homme n’est pas fait pour la mort. Toutes les sagesses qui veulent apprendre à mourir s’orientent vers un détachement hypothétique pour certaines approches orientales ou vers l’ataraxie pour les stoïciens. Rien de folichon.
Cependant, une vie qui exclurait tout ce qui peut nous faire mourir ne serait pas une vie. L’homme est donc fragile, vulnérable et nous nous protégeons de cette vulnérabilité en faisant attention à notre vie, en faisant appel à la médecine et à toutes les instances qui nous permettent une vie bonne.
La vie veut la vie, obstinément.

La mort nous saisit en plein, dans la vie.

Et, alors, arrivent les cris, les pleurs. Prendre le temps de pleurer. Rappelons-nous le cri de Rachel qui ne veut pas être consolée. Ce cri nous rappelle qu’il ne faut pas être consolé à moindres frais.
Dans l’abîme, quelqu’un répond de notre cri à notre place. (Se rappeler nos cris d’enfants entendus par notre père). Il y a des moments impossibles dans notre vie. Dans ce cas-là, les chrétiens crient vers le Père. Notre impossible sera le possible de Dieu. Voir les oiseaux du ciel de l’Évangile.
La vie n’est pas faite pour la mort mais pour la vie éternelle.                                      Mais la vie n’est pas faite uniquement pour la vie. La vie ne se reçoit qu’à mesure qu’elle se donne. La vie doit se risquer, se blesser. Une vie qui ne veut plus se donner se perd. Père Ceyrac : « tout ce qui n’est pas donné est perdu ».
Au fil de nos petites morts, la vie n’a d’autre choix que d’ouvrir les bras. Allusion aux dernières images du Christ en croix, du film de Mel Gibson. Il s’agit d’intégrer les épreuves de la vie et d’aimer la vie jusque dans la souffrance. Trop facile à dire mais difficile à faire.

La dynamique des petites morts

On prend possession de la vie : Ma maison, mon fils, mon époux, mon épouse, mon père, …, mon chat…
Et il va falloir se déposséder. Voir Abraham qui va sacrifier le bélier, père de l’agneau, à la place de son fils. Il sacrifie sa façon d’être père avec son fils pour entre en relation avec un être autre que soi : Isaac. Dépossession qui entraîne la confiance et la liberté.
Les blessures peuvent-elles devenir bénédictions ? Ouvertures vers l’Espérance ?
Les chrétiens ont la certitude de la Résurrection du Christ.
La vie est urgente et elle est éternelle. C’est maintenant que nous devons poser les actes que nous espérons voir ressuscités. Il nous faut habiter notre présent pour que les instants présents deviennent  éternité.

A ceux qui ont perdu des êtres chers

L’amour c’est ce qui ne passera pas. Rendre grâces à l’amour qui a été vécu.
La seule consolation : la douleur authentifie l’amour vécu. La vraie consolation est donnée par Dieu, par l’intermédiaire du réel, des autres.

M. Steffens nous a parlé aussi de Simone Weil  et de la transparence de la vitre, de Jules Supervielle....