lundi 14 décembre 2020

Thèse en médecine de mon fils. Bonheur

 Thèse en médecine de mes fils. Bonheur

L'émotion qui remonte. Les flashbacks de 29 ans de vie intense.

Dès tes deux ans, déjà tu savais t'affirmer, comme le disait ta grand-mère: Rose ou Rosa. "Celui-là, il sait ce qu'il veut au moins."  Tu noues rapidement une forte relation avec ton frère PA de 2 ans et demi plus grand.
En maternelle, tu t'opposais tellement à la méthode imposée pour faire la sieste que tu me disais : "je veux rester à la maison avec toi, apprendre à lire, à écrire..." Nous avions conclu un deal. Des lettres, de la peinture, un peu de piano et beaucoup de bonne humeur, d'éclats de rire, de connivence. Rétrospectivement, c'eût été dommage d'avoir raté ça.
En primaire, deux de tes copains sont partis de l'école. Ça t'a chagriné. Tu fais aussi du théâtre, du piano.

Collège. Tu découvres l'opposition de collégiens toxiques, mais tu es très apprécié par les professeurs. Quand tu rencontres des embûches que ce soit en famille ou au collège, tu te débrouilles avec PA de

transformer les situations en contes, ou en dessins. C'est ce qu'on appelle en psychiatrie: la sublimation. Un de ceux-ci : Les œufs du cachalot sont dans la chaussette.
Et puis vous apprenez des répliques cultes de Merlin l'enchanteur, de César et Cléopâtre et de beaucoup de livres de Fantasy comme ceux de Terry Bratchett. Les Annales du disque-monde n'ont aucun secret pour vous deux. Et bien sûr, Raymond Devos que PA apprend par cœur. Entre parenthèses, l'an dernier à Paris en 2019, nous sommes allés voir le spectacle de François Morel sur Raymond Devos. Deux jours plus tard, c'était Fabrice Lucchini. Pendant le collège tu as continué le Conservatoire de musique et les cours de saxophone. Et bien sûr encore du théàtre qui te permettait d'extérioriser.

Lycée. Pour ma part, je travaillais beaucoup, dans deux endroits différents ce qui était difficile. Pas de vacances, quand j'étais en vacances d'un côté, je ne l'étais pas de l'autre! Et puis, tu voulais toujours travailler tout seul. Cependant, je me suis investie car je savais que pour réussir tes études de médecine, il te fallait être dans les premiers de la classe. Nous avons repris la compréhension et l'analyse des schémas par exemple en SVT. PA venait aussi en renfort avec son souci de pédagogie (bien meilleur que moi! là où je finissais par m'énerver par anxiété, lui était d'un calme olympien!) A cette époque-là, nous n'avions aucun soutien de ton père, il a fallu attendre le juge des affaires familiales. Ta réussite au bac avec mention t'a un peu déçu. 
Des moments de théâtre très forts! Le malade imaginaire mis en scène par toi-même en obligeant ton copain Michaël à te tirer par le pied. Rires que dis-je Explosion de rire de la salle remplie à ras bord, des gens debout partout, certains juchés sur les fenêtres. Tu jouais le rôle du médecin avec ton stéthoscope bleu! Le discours de Lamartine à l'Assemblée Nationale contre l'esclavage. La veille au soir on brulait des feuilles du discours imprimé pour faire des parchemins que tu lançais à l'assistance pendant ton discours! Primo Levi et la Shoah après un voyage à Auschwitz. Et de plus grandes pièces où tu jouais le rôle principal. Franchement tu étais très bon avec une présence sur scène incroyable. Deux de tes copains sont devenus comédiens.

Médecine. Tu étais au Chat. Tu pensais réussir sans problème eh ben non. Je t'ai envoyé à la Doua où tu as réussi admirablement bien. Retour en médecine et réussite. grand bonheur. Puis tu es élu responsable du tutorat (2500 étudiants), j'ai recommencé à me faire du souci. Je ne pensais pas que tu pourrais suivre deux lièvres à la fois: études et implication dans le tutorat. Tu me répondais que cela t'apportait de l'expérience. Amour dès le début de la génétique! La réussite au concours d'internat t'a laissé dubitatif. Choix de la psychiatrie à Grenoble. (Très grans regret pour moi de t'avoir influencé) Très bon service dans lequel tu t'es bien intégré, idem en pédiatrie à Thonon et tu logeais à Evian. Autant dire que j'ai squatté ton appartement face au lac. Parallèlement sans me le dire tu repasses l'internat et retourne en génétique, ta passion depuis le début de tes études.

Génétique à Reims. 2 ans très difficiles avec Tchernobyl. Tu réussis à faire valider tes stages de Grenoble et Thonon et fais ton master2 obligatoire à Paris au CRI. Et tu loges en plein Paris dans le quartier du Marais. A nouveau, je squatte! Je marche beaucoup à pied d'expositions en expositions, et quand je suis fatiguée, je m'installe dans un hôtel 4 étoiles, prends un café et repars.

Thèse à Lyon. En pleine période de confinement, validation in extrémis de ton stage à Lyon. Grand bonheur et thèse qui s'est magnifiquement passée. Ton frère PA t'a accompagné pour établir une bonne connexion entre l'amphi et les différents intervenants et auditeurs et tu t'es entrainé à l'obligation de reprendre ta thèse en 15 minutes, avec nous et avec ton directeur de thèse. J'ai corrigé les fautes de français de ta thèse. Il y en avait pas beaucoup.Tu as mis le curseur très haut avec les félicitations du jury et des commentaires très élogieux; Le petit bémol que je te rappelle souvent de ne pas trop te disperser a été mentionné par ton jury. La coupe de champagne a été très appréciée ainsi que toutes les mignardises et macarons.
 
 

samedi 6 juin 2020

Confinement. Ce qu'il m'a permis de faire

Confinement. Ce qu'il m'a permis de faire et que je n'aurai jamais fait.

1   -  Écrire à mon député un argumentaire sur le port du masque sans l'espace publique dès le mois de mars 2020.

Un échange de 4 mails. La première réponse que j'ai reçue, genre langue de bois, m'infantilisait. Il me prenait pour une bille que l'on fait rouler à sa guise. Je l'ai effectivement remercié pour sa réponse mais elle ne me satisfaisait pas.  La deuxième réponse, il a commencé à me prendre au sérieux. La troisième réponse, j'ai vu que sur les réseaux sociaux, mes interventions commençaient à avoir un impact. Il m'a orientée vers la métropole.

Ainsi, j'ai pu réaliser une centaine de masques pour les services sociaux de la métropole de Lyon. Ce sera ma petite contribution à la gestion de cette crise.


2  -  Avoir pu faire lire à voix haute à 1 collégien et une lycéenne LA PESTE de Camus, quand ils en avaient marre de faire du travail en relation avec leur prof sur Internet.

Ils se sont mis à lire à voix haute et se filmaient en même temps. Au début, ils étaient réticents, puis, ils ont trouvé cela très agréable, en ont parlé avec des copains. Une dizaines de jeunes ont donc lu le livre et se sont transmis les vidéos par Skype ou autre. Et nous en avons parlé ensuite. Un peu de philo avant l'heure et un goût pour le théâtre.

3  -  Je me suis plongée dans un échange épistolaire entre mes deux grands-oncles paternels et ma grand-tante. 

Ce fut très émouvant pour moi de me replonger dans les affaires familiales de plus d'un siècle puisque certaines lettres datent de la fin du XIXème siècle.
J'ai retrouvé, ainsi, la date du décès de mon arrière grand-père, Joseph, Marius Gauthier, mort à 30 ans des suites d'un cancer à l'estomac, le 22 février 1873 et inhumé à Saint--Haon le 23 février 1873, en présence de Joseph Grand, François Gony, Augustin Faje et Alexis Chastel.

J'ai retrouvé également une lettre sur papier bible où mon grand-oncle prend très au sérieux sa nomination en tant qu'évêque de Pakhoï, sacré à Canton. En 2010 je suis allée sur ses traces à Canton et à Hong-Kong. Il compte sur la Providence mais dit-il, la Providence n'est rien sans l'action et se mettre au travail. Aide-toi, le ciel t'aidera. Aide-toi d'abord, autrement dit : AGIS et il se passera quelque chose.
Sa devise : In itineribus saepe.
Toujours en voyage, toujours sur les routes, toujours en chemin....quelque soient les embûches.
Toujours valable pour nous aujourd'hui.


 Auguste Gauthier, né le 26 mai 1868 et baptisé le 27 mai 1868 avec pour parrain Augustin Breysse son grand-père et Rosalie Meyran sa tante par alliance.

  Je rajoute quelques cartes postales chinoises